J'ai été piqué par un moustique ! On a été dévoré par les moustiques !

Qui n'a pas un jour prononcé ces phrases ?

En fait seule la femelle du moustique pique. Cela n'est pas pour se nourrir personnellement mais bien pour assurer la reproduction de l'espèce. Le sang contenant des protéines qui sont nécessaires à la maturation des œufs.

Mais alors de quoi se nourrit le moustique adulte ? tout simplement de nectars de fleurs et de plantes !

Le moustique passe par 3 phases avant de devenir adulte.

• la larve (vie aquatique)
• la nymphe (vie aquatique)
• l’adulte

Culex quinquefasciatus

© James Gathany, CDC

Aedes albopictus - moustique tigre

 

Souvent  le moustique et sa piqûre ne sont considéré que comme une nuisance, mais partout dans le monde les femelles hématophages contaminent des millions de personnes chaque année. Le moustique est le principal vecteur de maladies dans le monde.

Avec le réchauffement climatique et la mondialisation, les zones d'habitat primaire ont tendance à s'étendre géographiquement sur d'autres zones de la planète et en particulier vers le nord.

 

A ce jour, plus de 3500 espèces de moustiques sont connues.
Tous les moustiques ne sont pas hématophages et beaucoup préfèrent piquer d'autres mammifères ou d'autres animaux comme les oiseaux, les batraciens.

Les Aedes

Aedes albopictus - moustique tigre

© James Gathany, CDC

Le genre Aedes comprend de très nombreuses espèces. C'est le vecteur de nombreuses arboviroses.

Citons principalement l' Aedes Albopictus (moustique tigre) et l'Aedes Aegypti.

L'Aedes Aegypti n'est pas présent en France métropolitaine.

Le moustique tigre est originaire d'Asie. Il s'est répandu très rapidement dans le monde en particulier à cause du commerce des pneus usagés.

Il a passé la frontière italienne en 2004. Aujourd'hui, il est présent en France métropolitaine en particulier dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var et de la Corse. Sa progression est très étroitement surveillée par les autorités.

Cette espèce a été le vecteur du Chikungunya à l'ile de La Réunion qui a touché plus du tiers de la population de l'Ile pendant l'hiver 2005/2006. C'est aussi un vecteur de la Dengue.

Il pique principalement de jour.

Les Anophèles

Anopheles gambiae

© James Gathany, CDC

Le genre anophèles comprend de très nombreuses espèces.

Beaucoup sont vecteurs de maladies. En particulier l'Anopheles gambiae qui est le principal responsable de la malaria ou paludisme. Cette espèce est présente en Afrique tropicale et subtropicale.

Pour se protéger, la moustiquaire imprégnée est indispensable de nuit dans les zones impaludées. (Zones avec présence de moustiques vecteurs du paludisme)

En répulsif dans les régions infestées, les produits à 50% de DEET sont recommandés comme le Biovectrol Tropiques pour la peau et le Biovectrol tissus pour les vêtements en complément.

Les Culex

Larves de Culex

© James Gathany, CDC

Le genre Culex possède de très nombreuses espèces. Elles sont vecteurs de nombreuses maladies comme le virus du Nil, encéphalites et filarioses.

L'espèce la plus représentée en France métropolitaine est le Culex Pipiens ou moustique commun.

Il pique principalement le soir et la nuit.

Les Phlébotomes

Le phlébotome est un insecte de l'ordre des diptères. Il mesure de 2 à 4 mm.

C'est la femelle qui pique pour les mêmes raisons que le moustique. Elle a besoin de sang pour la maturation des œufs.

Les phlébotomes se reproduisent dans les zones humides.

Très présent dans le sud de la France et en particulier sur le pourtour du bassin méditerranéen, le phlébotome pique surtout la nuit du crépuscule à l'aube.

Il faut s'en méfier car il est vecteur de la leishmaniose canine, maladie parasitaire qui peut être fatale pour les chiens.

Les maladies transmises par les moustiques

Les moustiques sont vecteurs de très nombreuses maladies.

Citons en particulier :

- La leishmaniose
- Le paludisme ou Malaria
- Les filarioses
- Les maladies virales ou arboviroses dont la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune ou le virus du Nil

Les moyens de lutte

Depuis l'antiquité l'homme a essayé de se protéger ou de détruire le moustique.

Aucun des armes de lutte ne permet de supprimer les moustiques. Celles-ci doivent être utilisées conjointement pour la meilleure efficacité.

Les différents moyens de lutte sont les suivants :

- Les insecticides :

Dans les années 50 et 60, le DDT a été utilisé partout sur la planète pour éradiquer les moustiques.
D'autres insecticides chimiques ont été utilisés par la suite à grande échelle.

Malheureusement ces produits se sont retrouvés très nuisibles pour l'environnement. De plus après quelques années d'utilisation, les moustiques développaient une résistance au produit le rendant inopérant ou peu efficace.

Le pyrèthre ou ses dérivés synthétiques sont utilisés dans les insecticides ménagers et l'imprégnation des moustiquaires.

- Les larvicides :

C'est le moyen le plus utilisé pour traiter en amont dans les zones infestées. Le traitement le plus utilisé est une bactérie (BTI ou Bacillus thuringiensis israelensis) qui ingérée par les larves provoquent un dysfonctionnement de leur système digestif, les empêchant de se nourrir. Il n'y a pas de résistance connue à ce jour. Avec des traitements ciblés, on empêche la prolifération. De plus, le traitement est très peu nocif pour l'environnement et se dégrade très rapidement.

- Les moustiquaires :

L'arme passive la plus efficace. Il existe 2 catégories, les moustiquaires imprégnées d'insecticides est indispensable pour les zones infectées de moustiques vecteurs de maladies (paludisme, dengue...) et les non imprégnées plus adaptées au climat tempéré.

- Les répulsifs :

Il existe de très nombreux produits répulsifs. Les composants actifs sont beaucoup moins nombreux. La concentration des produits est également très importante, en rapport avec la durée d'efficacité.

Le plus efficace est sans conteste le DEET (concentration jusqu'à 50%), il ne faut pas l’utiliser sur la peau, avec les enfants de moins de 10 ans.

Nous reviendrons prochainement avec un article sur les différents composants des répulsifs.

- les pièges :

Les pièges au Co2 ont fait la preuve de leur efficacité. Malheureusement les zones couvertes et les coûts induits ne permettent pas d'avoir des traitements à grande échelle. Utilisé de façon efficace, on peut diminuer très fortement la quantité de moustiques dans un jardin, un golf, un camping...

- Le comportement préventif individuel et collectif :

Dans les zones habitées, c'est le comportement de chacun qui fait la différence. Il convient d'éradiquer les zones ou le moustique peut se reproduire. En particulier les bacs à fleurs et tous les récipients qui contiennent des eaux stagnantes.